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#Lecture café

Lettre #2 : Si tu n'écris pas, tu n'existes pas

Le monde ne comprend pas le jeune Africain noir. Il l'observe, le juge, le caricature. Souvent, il le considère comme primitif, silencieux, voire inexistant. Pourquoi ? Parce qu'une grande majorité d'entre nous n'écrit pas, ne communique pas, ne partage pas.

L'écriture est le miroir de l'âme, le reflet de la pensée, la trace indélébile de notre existence. Sans elle, nos idées s'évaporent, nos rêves s'effacent, notre génie reste invisible.

Dans un monde où l'information circule à la vitesse de la lumière, rester muet, c'est choisir l'oubli. C'est laisser d'autres raconter notre histoire, définir notre identité, tracer notre avenir.

Pour être compris, il faut s'exprimer. Pour être respecté, il faut partager. Pour exister, il faut écrire.

Écrire, c'est prendre la parole, c'est affirmer sa présence, c'est revendiquer sa place. C'est dire au monde : "Je suis là, j'ai des idées, des projets, des rêves."

Alors, prends un stylo, un clavier, une feuille, un écran. Écris ton histoire, tes pensées, tes ambitions. Partage-les. Fais entendre ta voix.

Car si tu n'écris pas, tu laisses d'autres parler pour toi. Et personne ne racontera ton histoire mieux que toi-même.

Tu veux que les hommes africains construisent, qu’ils se comprennent, qu’ils sortent du silence. Tu veux qu’ils se lèvent enfin. Et je vais te dire ceci, sans détour : tant que les hommes africains francophones n’écriront pas, ils seront condamnés à l’effacement.

Le monde actuel ne pardonne pas l’invisibilité. Il est brutal. Il ne respecte que ce qui s’impose, se formule, s’écrit, se répète. Les peuples qui dominent aujourd’hui ne sont pas forcément plus intelligents, ni plus courageux. Ils ont appris à documenter chaque pas, chaque idée, chaque avancée, jusqu’à tisser une mémoire collective, un patrimoine écrit que les générations lisent, exploitent et surpassent.

Et nous ?

Nous avons des idées, oui. Des talents, beaucoup. Mais ces choses vivent dans les conversations de bars, dans les groupes WhatsApp, dans nos têtes. Elles meurent dans l’oralité. Et cela doit s’arrêter.

Moi aussi, je suis fatigué de voir que la jeunesse noire francophone est silencieuse sur les plateformes qui comptent. Trop peu de blogs, trop peu de GitHub, trop peu de Medium, trop peu de documentation de projets. Nous savons faire, mais nous ne montrons pas que nous savons. Et dans un monde où tout passe par l’écrit — des lois aux codes source, des levées de fonds aux manifestes politiques — ne pas écrire, c’est mourir lentement.

Pourquoi écrire ?

Parce que l’écriture, c’est :

La preuve de ta pensée. Ce que tu n’arrives pas à formuler n’existe pas encore.

Le début de ton pouvoir. Tu veux changer les règles du jeu ? Écris les tiennes.

Une arme de mémoire. Tout ce que nous ne transmettons pas sera perdu.

Une stratégie économique. Documenter ton projet, c’est pouvoir le vendre, le présenter, le défendre.

Tu as des projets : codage, agriculture, culture, spiritualité, éducation. Rien de tout cela ne peut être valorisé si ce n’est pas structuré dans un écrit. Ce n’est pas une option, c’est une nécessité.

Et même si tu n’écris pas “bien” ?

Écris quand même. Les idées précèdent la grammaire. Le style viendra. L’important est de commencer.

Tu as une entreprise ? Raconte ton expérience. Tu apprends à coder ? Documente chaque étape. Tu veux construire une nouvelle Afrique ? Pose tes pensées dans des lettres, dans des articles, dans des livres.

Tant qu’on ne nous lit pas, on ne nous comprend pas. Et tant qu’on ne nous comprend pas, on nous enterre dans les clichés.

Écris.

Écris pour ne plus être traité de primitif. Écris pour qu’on sache que tu penses. Écris pour qu’un jour, plus jamais un homme noir ne soit jugé sur son silence.
11 months ago

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