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La vérité brutale doit être dite : la majorité noire a fait de la violence son langage favori. Pas la violence organisée d’une stratégie politique, pas la force disciplinée d’une armée prête à protéger un peuple. Non. La violence inutile, stérile, qui n’impressionne personne et qui s’éteint à la première réponse technologique de l’ennemi. On crie, on frappe, on brûle, on casse pour prouver qu’on existe. Et pendant ce temps, ceux d’en face contrôlent les drones, les satellites, les banques, les serveurs, et peuvent écraser cette agitation en un claquement de doigt. La violence sans technologie, sans économie, sans projet, n’est rien d’autre qu’une gesticulation ridicule.

Partout, le spectacle est le même : des foules qui se battent entre elles, qui s’insultent, qui rient fort pour masquer le vide, qui confondent bruit et puissance. On s’exhibe dans une énergie anarchique, mais jamais dans une construction sérieuse. Aucun empire ne s’est bâti sur la vulgarité sonore. Aucun peuple n’a gagné le respect du monde en courant derrière chaque provocation pour montrer ses muscles nus. Et c’est pour cela que le monde rit de nous. Pas parce que nous manquons de génies, mais parce que nous refusons obstinément de les écouter et de leur donner les moyens d’agir.

La victimisation est devenue une identité. On pleure, on accuse, on se rappelle l’esclavage, la colonisation, les injustices. Oui, elles sont réelles. Mais qu’en faisons-nous ? Quand ces douleurs se transforment en excuse permanente, elles deviennent des chaînes encore plus lourdes que celles des navires négriers. L’ennemi ne nous méprise pas parce que nous avons souffert, il nous méprise parce que nous refusons de transformer cette souffrance en puissance.

Il faut dire aux nôtres : non, vous n’impressionnerez personne en cassant des vitrines. Non, vous ne bâtirez pas de civilisation en criant dans la rue. Non, votre violence désordonnée ne changera pas l’ordre mondial. La vérité est crue : un drone, une balle, un gaz lacrymogène suffisent à disperser vos colères. Parce que vos colères ne sont pas structurées, parce que vos colères ne sont pas soutenues par une infrastructure économique et technologique.

Ce que nous devons apprendre, c’est la construction. Construire est mille fois plus révolutionnaire que crier. Construire une école clandestine est plus puissant que casser un bus. Construire une application est plus dangereux pour l’ennemi que brûler un commissariat. Construire une banque diasporique est plus subversif que lancer des pierres. Construire un réseau d’intellectuels et d’ingénieurs est plus efficace que détruire une vitrine. La vraie révolution, c’est le bâtiment invisible, celui que l’ennemi ne peut pas écraser d’un drone parce qu’il est déjà partout, dans les esprits, dans les structures, dans les chiffres.

Regardez le monde : les nations respectées ne le sont pas parce qu’elles crient plus fort. Elles le sont parce qu’elles produisent, parce qu’elles innovent, parce qu’elles maîtrisent les leviers stratégiques. La Chine a été humiliée par l’Occident pendant deux siècles, mais elle n’a pas choisi le bruit ou la violence improvisée. Elle a choisi le travail patient, la construction de son industrie, la formation de ses cerveaux. Résultat : aujourd’hui, elle fait trembler ceux qui l’humiliaient.

Et nous ? Nous avons choisi le vacarme. Nous avons choisi les querelles de quartier. Nous avons choisi la violence sans avenir. Et c’est pour cela que nous sommes encore des spectateurs. La diaspora doit briser cette logique. Nous devons dire clairement que frapper son frère, insulter sa sœur, rire de tout et de rien n’est pas une identité. C’est une régression. La vraie identité noire ne doit pas être le chaos, mais la construction.

La solution est simple à formuler, mais exigeante à appliquer : bâtissez. Bâtissez des outils, bâtissez des structures, bâtissez des entreprises, bâtissez des universités, bâtissez des armées technologiques, bâtissez des civilisations. Même petit, même fragile, bâtissez quelque chose. Parce que la construction s’additionne et s’amplifie. Parce que l’édifice invisible que nous commençons aujourd’hui sera demain une forteresse.

La violence sans projet est une perte de temps. La construction, même minuscule, est un pas vers la souveraineté. Si nous continuons dans le bruit et la victimisation, nous resterons méprisés. Si nous choisissons enfin de bâtir, alors nous redeviendrons une civilisation.
8 months ago

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