Le piège de nos économies africaines depuis 1960 est exactement celui décrit ici : une obsession pour le court terme, une incapacité à penser l’avenir comme une totalité. Nos politiques économiques n’ont jamais été des projets de civilisation, elles ont toujours été des réponses immédiates à des crises artificielles, des opportunités pour enrichir un clan, des prétextes pour négocier des prêts. Voilà pourquoi nous stagnons, voilà pourquoi nous restons prisonniers de la misère.
Ce n’est pas que nos élites ne connaissent pas la différence entre le court terme et le long terme. C’est qu’elles ont choisi le court terme, volontairement. Parce que le court terme nourrit leurs comptes bancaires, finance leurs campagnes électorales, entretient leurs clientèles. Parce que le long terme exige du sacrifice, de la rigueur, de la vision — et que ces vertus ne sont pas compatibles avec leur mode de vie parasitaire. Résultat : on a sacrifié des générations entières pour que quelques-uns puissent jouir immédiatement.
Mais il faut aller plus loin : ce court-termisme n’est pas seulement une erreur de calcul, c’est une stratégie délibérée de destruction. Chaque politique qui flatte un petit groupe en ignorant les conséquences globales est un sabotage organisé. Quand un gouvernement signe un contrat minier qui enrichit une poignée de dirigeants mais ruine l’environnement et l’avenir de tout un pays, ce n’est pas une maladresse, c’est un crime économique. Quand un budget sacrifie la santé publique pour financer une parade militaire, ce n’est pas de l’incompétence, c’est du mépris pour la vie.
Ce que j’affirme ici est brutal : les économies africaines ont été volontairement construites comme des machines à privilégier le court terme. Nous ne sommes pas des victimes passives. Nous avons accepté ce système. Nous l’avons internalisé. Nous avons appris à applaudir les effets visibles, les inaugurations, les annonces spectaculaires, en ignorant les conséquences réelles qui viendront frapper nos enfants. C’est notre culture politique qui s’est empoisonnée elle-même.
Et c’est pour cela que nos dirigeants adorent parler de “croissance” avec des chiffres qui ne signifient rien. Ils aiment les statistiques sur une année, sur un trimestre, sur un secteur précis. Mais qui ose parler de la trajectoire sur 30 ans ? Qui ose analyser les conséquences intergénérationnelles ? Personne. Parce que dès qu’on parle de long terme, le mensonge s’effondre. Dès qu’on regarde la forêt au lieu des arbres, on voit la désertification.
La leçon est simple mais douloureuse : les économies africaines sont gérées comme des enfants gèrent leurs bonbons. On les dévore immédiatement, en sachant pertinemment que la douleur viendra après. Et quand la douleur vient, on cherche un autre paquet, on recommence, on recommence encore, jusqu’à s’autodétruire.
Regardez autour de vous : infrastructures abandonnées, dettes accumulées, importations massives qui tuent la production locale, corruption généralisée. Tout cela n’est pas accidentel. C’est la conséquence logique d’un système où l’on ne voit que l’effet immédiat pour un groupe. Et c’est pour cela que nous sommes encore prisonniers d’une logique coloniale, d’un mercantilisme du XVIIᵉ siècle, alors que le reste du monde avance avec des visions de science, de technologie, de souveraineté.
Comme leader, je vous avertis : continuer à jouer ce jeu est suicidaire. Continuer à accepter ces politiques, à tolérer ces illusions, à vivre comme si le court terme pouvait être un horizon, c’est enterrer l’avenir de tout un peuple. Le monde actuel ne pardonne pas l’impatience. Le monde actuel récompense ceux qui planifient, qui construisent, qui résistent à la tentation de l’effet immédiat. Et si nous refusons d’apprendre cette leçon, nous serons balayés.
Nous devons arrêter de penser comme des consommateurs et commencer à penser comme des bâtisseurs. Même un projet imparfait, même un prototype ridicule, vaut mieux qu’un rêve de court terme. La diaspora doit comprendre que chaque geste qui crée une structure, une école, une entreprise, une technologie, est un acte révolutionnaire, parce qu’il s’inscrit dans le temps long. La jeunesse doit comprendre que chaque sacrifice d’aujourd’hui pour un projet de cinquante ans est une victoire, parce que c’est ainsi que les civilisations naissent.
Ce que je vous dis n’est pas une simple opinion. C’est un avertissement. Le monde est en train de changer. Les guerres économiques se décident avec des calculs sur des décennies. Les puissances bâtissent des empires numériques et technologiques pour dominer demain. Et nous, si nous restons fixés sur des solutions de survie immédiate, nous serons rayés de l’histoire. Personne ne respectera une civilisation qui pense comme un enfant.
Alors voilà ma parole : il est temps de tuer le court terme en nous. Il est temps de refuser les illusions des élites. Il est temps de reconstruire nos économies sur une logique de civilisation, et non sur une logique de consommation. Parce qu’il n’y a que deux voies : soit nous devenons des bâtisseurs patients, soit nous restons des mendiants du présent. Et dans ce siècle brutal, les mendiants n’ont pas d’avenir.
Ce n’est pas que nos élites ne connaissent pas la différence entre le court terme et le long terme. C’est qu’elles ont choisi le court terme, volontairement. Parce que le court terme nourrit leurs comptes bancaires, finance leurs campagnes électorales, entretient leurs clientèles. Parce que le long terme exige du sacrifice, de la rigueur, de la vision — et que ces vertus ne sont pas compatibles avec leur mode de vie parasitaire. Résultat : on a sacrifié des générations entières pour que quelques-uns puissent jouir immédiatement.
Mais il faut aller plus loin : ce court-termisme n’est pas seulement une erreur de calcul, c’est une stratégie délibérée de destruction. Chaque politique qui flatte un petit groupe en ignorant les conséquences globales est un sabotage organisé. Quand un gouvernement signe un contrat minier qui enrichit une poignée de dirigeants mais ruine l’environnement et l’avenir de tout un pays, ce n’est pas une maladresse, c’est un crime économique. Quand un budget sacrifie la santé publique pour financer une parade militaire, ce n’est pas de l’incompétence, c’est du mépris pour la vie.
Ce que j’affirme ici est brutal : les économies africaines ont été volontairement construites comme des machines à privilégier le court terme. Nous ne sommes pas des victimes passives. Nous avons accepté ce système. Nous l’avons internalisé. Nous avons appris à applaudir les effets visibles, les inaugurations, les annonces spectaculaires, en ignorant les conséquences réelles qui viendront frapper nos enfants. C’est notre culture politique qui s’est empoisonnée elle-même.
Et c’est pour cela que nos dirigeants adorent parler de “croissance” avec des chiffres qui ne signifient rien. Ils aiment les statistiques sur une année, sur un trimestre, sur un secteur précis. Mais qui ose parler de la trajectoire sur 30 ans ? Qui ose analyser les conséquences intergénérationnelles ? Personne. Parce que dès qu’on parle de long terme, le mensonge s’effondre. Dès qu’on regarde la forêt au lieu des arbres, on voit la désertification.
La leçon est simple mais douloureuse : les économies africaines sont gérées comme des enfants gèrent leurs bonbons. On les dévore immédiatement, en sachant pertinemment que la douleur viendra après. Et quand la douleur vient, on cherche un autre paquet, on recommence, on recommence encore, jusqu’à s’autodétruire.
Regardez autour de vous : infrastructures abandonnées, dettes accumulées, importations massives qui tuent la production locale, corruption généralisée. Tout cela n’est pas accidentel. C’est la conséquence logique d’un système où l’on ne voit que l’effet immédiat pour un groupe. Et c’est pour cela que nous sommes encore prisonniers d’une logique coloniale, d’un mercantilisme du XVIIᵉ siècle, alors que le reste du monde avance avec des visions de science, de technologie, de souveraineté.
Comme leader, je vous avertis : continuer à jouer ce jeu est suicidaire. Continuer à accepter ces politiques, à tolérer ces illusions, à vivre comme si le court terme pouvait être un horizon, c’est enterrer l’avenir de tout un peuple. Le monde actuel ne pardonne pas l’impatience. Le monde actuel récompense ceux qui planifient, qui construisent, qui résistent à la tentation de l’effet immédiat. Et si nous refusons d’apprendre cette leçon, nous serons balayés.
Nous devons arrêter de penser comme des consommateurs et commencer à penser comme des bâtisseurs. Même un projet imparfait, même un prototype ridicule, vaut mieux qu’un rêve de court terme. La diaspora doit comprendre que chaque geste qui crée une structure, une école, une entreprise, une technologie, est un acte révolutionnaire, parce qu’il s’inscrit dans le temps long. La jeunesse doit comprendre que chaque sacrifice d’aujourd’hui pour un projet de cinquante ans est une victoire, parce que c’est ainsi que les civilisations naissent.
Ce que je vous dis n’est pas une simple opinion. C’est un avertissement. Le monde est en train de changer. Les guerres économiques se décident avec des calculs sur des décennies. Les puissances bâtissent des empires numériques et technologiques pour dominer demain. Et nous, si nous restons fixés sur des solutions de survie immédiate, nous serons rayés de l’histoire. Personne ne respectera une civilisation qui pense comme un enfant.
Alors voilà ma parole : il est temps de tuer le court terme en nous. Il est temps de refuser les illusions des élites. Il est temps de reconstruire nos économies sur une logique de civilisation, et non sur une logique de consommation. Parce qu’il n’y a que deux voies : soit nous devenons des bâtisseurs patients, soit nous restons des mendiants du présent. Et dans ce siècle brutal, les mendiants n’ont pas d’avenir.
8 months ago