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Mesdames et Messieurs les décideurs, il est temps de regarder en face l’absurdité qui paralyse notre pays. Le Cameroun possède des terres immenses, fertiles, capables de nourrir et d’enrichir des millions. Mais que voyons-nous ? Des conflits à répétition, des titres en double, des familles expulsées, des procès interminables. Pourquoi ? Parce que notre système foncier repose sur du papier fragile, des registres fragmentés, une bureaucratie lente et une corruption qui s’infiltre à chaque étape. Tant que nous laisserons nos terres dans le désordre, tant que nous ne donnerons pas aux citoyens une preuve solide de leur droit de propriété, nous tuerons dans l’œuf toute possibilité de développement économique réel.

La solution existe. Elle n’est pas théorique, elle n’est pas futuriste, elle est à portée de main : un registre foncier basé sur la blockchain. Imaginez un grand cahier numérique, partagé par plusieurs institutions — ministères, notaires, banques, collectivités locales. Chaque transaction y est enregistrée de façon immuable. Une fois inscrite, aucune donnée ne peut être modifiée ou effacée. Cela veut dire qu’un titre de propriété enregistré devient indiscutable. Plus de falsifications, plus de titres en double, plus de manipulations. La confiance, enfin, serait garantie par la technologie et non par des hommes corruptibles.

Ce registre n’appartiendrait pas à un seul bureau centralisé, mais serait distribué entre plusieurs nœuds de confiance. Ainsi, aucune main ne pourrait contrôler ni manipuler l’ensemble. Chaque opération serait visible dans une chaîne chronologique, transparente et vérifiable par tous les acteurs autorisés. Cela rendrait les fraudes impossibles à cacher et mettrait fin à l’ère des “disparitions” mystérieuses de documents. En y intégrant des contrats intelligents, on pourrait automatiser des procédures entières : une vente de terrain se ferait en quelques clics, un héritage serait exécuté automatiquement dès que les conditions légales sont remplies.

Mieux encore : ce registre pourrait être couplé avec des données géospatiales (images satellites, drones, GPS). Chaque parcelle serait liée à une carte précise et inviolable, éliminant ainsi les querelles de bornage qui enveniment nos villages et nos tribunaux. En un mot, nous aurions enfin une source unique de vérité, accessible, vérifiable et impossible à falsifier.

Les avantages sont immenses :
– La corruption s’effondrerait car aucune transaction ne pourrait être cachée.
– Les délais et les coûts seraient réduits : ce qui prend aujourd’hui des mois et coûte une fortune serait réglé en quelques jours à moindre prix.
– Les investisseurs, nationaux comme étrangers, auraient confiance et viendraient développer nos terres, nos industries, nos villes.
– Les citoyens, surtout les plus pauvres, pourraient utiliser leurs titres comme garantie pour obtenir des crédits et investir. Ce capital “mort” deviendrait enfin vivant.
– Les femmes et les communautés marginalisées auraient une preuve incontestable de leurs droits, protégée de l’arbitraire.

Voilà le projet. Simple, concret, efficace. Il ne s’agit pas d’une mode mais d’un outil qui a déjà commencé à transformer d’autres pays. Si nous ne l’adoptons pas, nous resterons prisonniers de nos archaïsmes et nous regarderons, impuissants, d’autres nations prendre de l’avance.

Et maintenant, je m’adresse à vous, la jeunesse. Vous qui perdez vos journées à répéter des chorégraphies vides sur TikTok, comprenez ceci : pendant que vous dansez, d’autres bâtissent les systèmes qui décideront de votre futur. Ce registre foncier sur blockchain, c’est un chantier colossal, une révolution technologique et sociale. Et il a besoin de cerveaux, d’énergie, de créativité. Ce n’est pas compliqué. Ce n’est pas réservé aux experts étrangers. C’est à votre portée : coder un contrat intelligent, cartographier un terrain, concevoir une application mobile pour que même les paysans en brousse puissent vérifier leur titre. Voilà des projets concrets, utiles, historiques.
7 months ago (E)

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