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Vous rêvez trop. C’est ça le vrai poison de la diaspora africaine : rêver, fantasmer, s’exciter devant des vidéos d’influenceurs qui vous vendent la gloire instantanée. Vous passez vos journées à avaler des discours creux de pseudo-coachs et de gourous du business sur YouTube ou Instagram. Vous rêvez de millions, de succès, d’éclat, mais vous ne posez jamais les briques. Vous ne tracez jamais les plans. Vous ne construisez rien de solide. Le rêve est gratuit, mais la construction coûte. Et vous n’acceptez pas de payer ce prix : discipline, patience, constance. Résultat, vous vous auto-sabotez en croyant que consommer des slogans est déjà de l’action.

Regardez l’histoire. Pas celle filtrée par vos écrans, mais la vraie, celle qui a laissé des pierres, des routes, des codes de lois. La Chine n’est pas devenue une puissance parce qu’elle a rêvé. Elle a mis son peuple au travail, parfois de façon brutale, mais elle a structuré, elle a imposé des règles qui dépassaient les clans et les profits individuels. L’Espagne médiévale, avec ses ports, ses routes, ses universités, n’a pas rayonné par des “influenceurs”, mais par des institutions construites pierre après pierre, souvent avec le sang et la sueur de ses habitants. Les États-Unis, avec toutes leurs contradictions, se sont forgés dans des constitutions, des lois, des guerres, des infrastructures. Le Népal, que peu d’entre vous connaissent vraiment, est un exemple brutal : le peuple n’a pas attendu que les élites s’auto-réforment. Ils sont descendus, ils ont chassé, ils ont traqué les politiciens corrompus, ils ont fait payer les voleurs. Les maisons bâties avec l’argent du peuple ont été prises d’assaut. La justice populaire a rempli le vide laissé par les institutions mortes. C’est ça la vérité : quand les lois ne servent que les voleurs, le peuple devient la loi.

Et nous, Africains de la diaspora, on est coincés dans une double prison. La prison mentale de l’illusion numérique, et la prison économique de la paresse organisée. On croit que suivre dix lives d’un influenceur, c’est déjà faire partie d’un mouvement. On croit que poster des slogans, c’est déjà militer. Mais aucun pays, aucune nation, aucune civilisation ne s’est construite avec des rêves sans effort. On a besoin de systèmes. On a besoin de lois respectées par tous, pas de “chaque homme pour soi” version gangster. Parce que c’est ça le problème de nos sociétés : l’instinct du prédateur, l’envie de profiter au maximum, de voler, de gratter sans jamais penser à l’avenir collectif. Tout est deal, tout est combine, tout est arnaque. Tant que cet esprit régnera, rien ne durera.

Regardez comment les autres civilisations s’assurent que les règles soient partagées. La loi doit être forte, claire, et appliquée. Pas une loi pour les faibles et une autre pour les puissants. Sans justice partagée, vous aurez toujours la révolte, vous aurez toujours l’instabilité. Quand une population se rend compte que tout est verrouillé, que l’accès à l’avenir est réservé aux enfants des élites et aux amis des politiciens, alors elle se retourne. Elle brûle, elle casse, elle chasse. C’est ce qui est arrivé au Népal, c’est ce qui arrivera ailleurs. Tout ce que vous construisez sur le vol sera détruit. Tout ce que vous accumulez sans légitimité sera repris. Le peuple peut être patient, mais jamais éternellement passif.

Et vous, diaspora, au lieu de préparer le terrain pour construire ces institutions, vous perdez du temps à rêver d’intégrer les systèmes des autres. Vous voulez ressembler aux Américains, mais vous refusez de voir qu’ils ont une Constitution qui structure leur chaos. Vous admirez la Chine, mais vous oubliez qu’elle impose une discipline collective impitoyable. Vous aimez l’Europe, mais vous ne voyez pas que ce sont des siècles de batailles, de lois, de compromis politiques qui tiennent leurs institutions debout. Vous ne voulez que la surface, jamais la profondeur.

Alors arrêtez de rêver. Arrêtez d’écouter des influenceurs qui vous vendent des solutions de paresseux. Commencez à bâtir des systèmes qui dureront après vous. Commencez à exiger que nos communautés respectent une justice commune. Pas de passe-droits, pas de combine, pas de “c’est mon cousin, laisse tomber”. Une règle égale pour tous. Sans ça, vous pouvez danser autant que vous voulez, poster autant de citations que vous voulez, rien ne changera.

Et sachez ceci : si vous continuez dans cette logique de gangster, de vouloir profiter à tout prix, de voler les vôtres, de vous en foutre du collectif, alors préparez-vous au retour de flammes. Parce que l’histoire ne pardonne pas. Ce que vous bâtissez dans le vol sera balayé comme les palais des politiciens népalais. Vos villas deviendront des ruines, vos fortunes seront saisies, vos noms disparaîtront. Le peuple finira toujours par réclamer. Et ce jour-là, ce ne sont pas vos rêves ni vos vidéos qui vous sauveront. Ce sera la force d’un système juste, transparent, partagé, que vous aurez eu le courage de construire.

Alors réveillez-vous. Arrêtez de rêver. Posez la brique, signez le contrat, imposez la règle. C’est comme ça qu’on écrit l’histoire. Pas dans des scrolls, mais dans la pierre, dans la loi, dans le temps.
7 months ago

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